Écrit avant la l’épisode du Covid19, le livre Le mensonge de la dette d'Eric Steffen (Le Publieur) dénonce les mystifications économiques d’un monde politique entièrement tourné vers la conquête du pouvoir, qui est sa seule vérité.

Parmi ces mensonges figure celui des dangers de la dette. Le plus grave et le plus cru. Dans une Europe emmurée dans les contraintes du traité de Maastricht, la crise de la Covid19 oblige nos dirigeants à dévoiler que nous disposons d’immenses ressources financières. Avant l’arrivée du virus n’étaient donc que manipulations les raisons budgétaires avancées pour imposer de douloureux sacrifices et sous-équipé notre système de santé.

Un des mensongesque que l'ouvrage d'Eric Steffen dénonçait en 2019 est au-jourd’hui démasqué.

Alors qu’en 2019 se répétait que la France était un pays aux finances catastrophiques, Le mensonge de la dette analyse un processus qui constitue l'une des plus grandes duperies de l’après-guerre pour revenir sur les avantages sociaux obtenus à la libération et jamais réellement consentis par la classe dirigeante. En imposant une pensée unique conduisant à juger les finances d’un état selon les critères d’un foyer, la rente qui sait très bien que c’est inexact, a convaincu l’opinion des méfaits des emprunts pour organiser la régression sociale et maximiser ses profits. Elle a fort bien réussi comme le prouve le creusement des inégalités.

Au printemps 2020, contraits on a renoncé aux critères de stabilités dictés par le traité de Maastricht. Un mur est tombé à nouveau en Europe. Avec cette chute l’obsession des équilibres budgétaires est abandonnée. C'est une libération. Il apparaît de plus en plus clairement que pour un état la notion de dette est sans objet. Il s’agit d’une autre chose.

La dette publique n’existe pas en tant que telle. Elle est d’une autre nature qui démontre que nos finances publiques sont florissantes. Le pouvoir le dissimule pour justifier depuis trois décennies une baisse des dépenses imposant une politique de régression sociale. Ce phénomène est l’expression moderne d’une violente lutte des classes.

Cette bonne santé de nos finances publique est un patrimoine qui appartient aux Français. Il est le fruit de leur histoire et de leur travail. Alors qu’ils traversent des difficultés, ce patrimoine, qui offre des réserves de financements immenses, leur a été confisqué par des mensonges.

La crise du Covid19 a débusqué cette tromperie. Acculé, le pouvoir avoue que nous disposons de ressources gigantesques. La solidité de nos finances publiques est vérifiée par l’actualité que nous traversons.

L'Etat: un riche établissement financier

La contrainte de l’équilibre budgétaire : une grave erreur de logique

Alors qu’il n’y a absolument pas péril en la demeure, pour faire peur avec la dette, le modèle familial est invoqué avec la fameuse réflexion « qu’il serait scandaleux de transmettre toutes ces dettes à nos enfants » en dépensant plus d’argent qu’on en gagne.

Mais ne se trompe-t-on pas de modèle, lorsqu’au nom d’une cer-taine idée du bon sens, on compare la situation d’un État avec celle d’un foyer ?

L’interaction entre l’argent public et l’économie est trop forte pour qu’on puisse comparer la Puissance Publique à un simple ménage obligé de veiller à l’équilibre de son budget. On n’est bien davantage dans une logique d’entreprise attendant des retours sur investissement. L’État n’est pas un foyer. C’est une personne morale qui survivant à ses propriétaires se transmet de génération en génération d’où une durée d’endettement illimitée. Contrairement à un particulier, un état ne risque pas de se voir refuser un prêt au prétexte qu’il serait trop vieux. Un État ne sera jamais contraint de devoir rembourser toutes ses dettes. Ce qui compte, c’est de transmettre une société en bonne marche avec un bon coefficient de solvabilité qui inspire confiance pour être à l’abri des problèmes de liquidités.

La Puissance Publique est un organisme qui a des recettes, des salariés, qui investit et produit des services. S’adossant à des flux financiers nombreux qui interagissent les uns avec les autres, son fonctionnement relève de la logique économique d’une entreprise et non de celle d’un ménage. Surtout si l’on considère que l’État, contrairement aux particuliers, peut emprunter sur les marchés financiers.

La logique de l’équilibre budgétaire aggravée par le pacte européen de stabilité conduit à une aberration : juger la santé financière des États en utilisant des critères que l’on applique aux foyers. C’est une grave erreur. Ce sont les critères, très différents, propres aux entreprises, qui doivent servir à apprécier la santé économique d’un État social et postindustriel. Dans ce cas, transmettre des dettes n’est pas un problème, du moment que l’entreprise est suffisamment équipée pour bien fonctionner et être à l’abri des difficultés de trésorerie.

De quel type d’entreprise faudrait-il rapprocher un État ? Tout au long de sa vie un citoyen reçoit des services de la part de l’État. Si l’on comptabilise les coûts de son éducation, de sa santé, de sa retraite et de toutes les prestations régaliennes (justice, sécurité, infrastructures, allocations, etc.), on atteint un total qui représente plus de 50 % des richesses que consomme un individu dans sa vie. En échange de cette richesse reçue, on peut considérer qu’un citoyen accumule des dettes auprès de la Puissance Publique qu’il rembourse sous forme d’impôts et de prélèvements.

La Puissance Publique ne dépense pas, elle prête

Parler de dépense publique est sans doute une erreur. Les impôts et les prélèvements peuvent être considérés non pas comme des sommes destinées à équilibrer un budget annuel, mais comme des remboursements de dettes que les citoyens accumulent auprès de la Puissance Publique. Et pour ses avances, si ses ressources propres ne suffisent pas, l’État est conduit au nom des citoyens à emprunter sur les marchés financiers.

Vu sous cet angle le modèle économique de la Puissance Publique est très comparable à celui d’un établissement financier. C’est donc en tant que tel qu’il peut être analysé. Ce n’est donc plus l’équilibre recettes et dépenses qui compte mais bien davantage, comme pour tout établissement financier, une capacité à inspirer la confiance. Avec leurs dépôts et leurs emprunts, les banques prêtent et nul ne leur demande d’équilibrer un quelconque budget. On leur demande d’être capables de faire face à leurs échéances avec leurs fonds propres et des créances solides. Énorme établissement financier, la Puissance Publique bénéficie de dépôts et de créances parmi les plus fiables : les impôts et les prélèvements qu’elle sait très bien faire rentrer.

C’est donc, comme pour les banques, en termes de règles prudentielles basées sur ses flux que les finances de l’État doivent être analysées et jugées. La logique d’un État est d’emprunter d’un côté, de prêter (sous forme de prestations) aux citoyens de l’autre et de se faire rembourser au travers des contributions. De s’inscrire, en respectant des règles prudentielles, dans une logique de flux financiers raisonnables et de transmettre à nos enfants non pas une absence de dettes mais la confiance.

Le fonctionnement financier de la Puissance Publique qui relève du mécanisme des établissements financiers ne s’arrête pas à une analogie de fonctionnement, mais aussi de nature. Un des grands rôles des organismes financiers prêteurs est de préparer l’avenir. C’est vers lui qu’ils sont tournés. Comme gouverner, c’est prévoir, la Puissance Publique, elle aussi, est tournée vers l’avenir. Un de ses plus grands rôles est de le préparer. Que ce soit dans sa gestion financière ou dans ses missions, l’État a toutes les caractéristiques d’un établissement financier. Comme pour les banques, les décisions que doit prendre la Puissance Publique sont pour aujourd’hui et pour demain. Le passé est sans intérêt.

De plus la nature d’établissement financier de l’État est renforcée par son rôle influent au sein de la BCE en tant qu’actionnaire important de cette banque centrale.

Lors de la crise de 2008, en se portant garants des engagements des banques, les états se sont comportés comme des établissements financiers pour éviter un écroulement mondial.

Avec la crise du Covid19 avec toutes les aides etn garanties délivrées pour soutenir les entreprises et maintenir le pouvoir d'achat, en empruntant assivement, le gouvernement s'est comporté comme un banquier.

Un état ne s'endette pas, il s'engage

L’État a des engagements sans cesse renouvelés et le citoyen des dettes auprès de lui

Lorsqu’une banque emprunte d’un côté pour prêter de l’autre, on ne parle pas pour elle de dettes mais d’engagements. Le mot dette est réservé aux clients. La notion d’engagement exprime que si une banque emprunte d’un côté, c’est pour générer une créance d’un autre côté. Il n’y a donc pour elle pas véritablement de dettes. Lorsqu’une banque emprunte pour proposer un prêt, c’est le client qui s’endette auprès d’elle. La banque ne fait que cautionner et garantir. Dans une logique prudentielle, c’est la qualité de ses créances et le montant total de ses engagements rapportés à ses fonds propres qui mesurent sa bonne santé.

Pour la Puissance Publique, le processus est le même. Ce qu’elle emprunte est utilisé pour financer des biens ou des services à destination de la population. En échange elle crée des créances auprès de ses clients, les citoyens et les entreprises, qui devront rembourser au travers des prélèvements. Lorsque la Puissance Publique emprunte, elle s’engage et les assujettis s’endettent auprès d'elle. La notion de dette perd tout son sens s’agissant de la Puissance Publique, compte tenu de sa nature d’établissement financier. On ne devrait par conséquent pas parler de dette publique mais bien d’engagements publics.

Ce problème sémantique pourrait sembler anodin, voire peu sérieux, s’il n’était en réalité la base et paradoxalement aussi la clé de voûte des systèmes financiers. C’est ainsi qu’ils fonctionnent et qu’ils prospèrent, en générant des profits grâce à des flux financiers sains adossés à des créances de qualité. Et cela est vrai aussi pour la Puissance Publique dont les engagements sont garantis par des créances très solides du fait de son pouvoir à décider des prélèvements et des impôts.

Employer l’expression de « dette publique » est donc un abus de langage qui laisse croire que c’est l’État qui est endetté et non les entreprises et les citoyens.

Cela démontre que pour apprécier la santé des finances publiques, ce sont bien les capacités de remboursement de la population qu’il faut analyser et non pas les ratios des critères de convergence européens qui ne disent rien en vérité des ressources des Français qui seules comptent finalement. Le ratio dette sur PIB que l’on répète, pour faire peur le plus souvent, à longueur de temps est une absurdité.

Les établissements financiers prospèrent grâce à leurs emprunts, c’est-à-dire à leurs engagements. Il est donc naturel qu’ils en aient et que, pour vivre, ils les renouvellent sans cesse. Une dette, au contraire, on doit s’en débarrasser. C’est pourquoi l’argent dû par les établissements financiers est un engagement et non pas une dette car ils sont obligés, pour prospérer, de les renouveler perpétuellement. Le roulement de ces engagements permet aux banques de prêter pour s’enrichir en prenant des marges sur les taux d’intérêt des prêts consentis.

De la même manière un état doit faire rouler ses engagements pour soutenir la croissance. L’État est un établissement financier dont le but n’est pas le profit mais la croissance qui via les prélèvements abondera ses revenus. La croissance due au roulement de ses engagements est à la Puissance Public ce que le profit est aux établissements financiers. Sans profits les établissements financiers font banqueroute ainsi que les états sans croissance.

L’État a des engagements sans cesse renouvelés depuis 1815

Depuis 1815 (cf. le graphique ci-dessous, où il est difficile de remonter plus loin par manque de statistiques), la dette publique a toujours existé. Certains historiens avancent même qu’elle n’a pas cessé depuis François Ier. Elle a eu des pics brefs et impor-tants au moment des guerres puis des reconstructions pour se réduire ensuite, mais sans jamais s’effacer. Elle est même mon-tée à deux fois le PIB (le double d’aujourd’hui) pour connaître ensuite une régression rapide. Ceci montre bien que notre situa-tion actuelle n’a rien d’exceptionnel ni d’alarmant. Ceci prouve aussi que la France a parfaitement prospéré, tout en se transmet-tant des engagements de génération en génération. La France a toujours transmis des dettes à ses enfants sans que cela ne leur nuise.

C'est en augmentant les impôts que l'on augmente les revenus

Plus juste que le ruissellement: la capilarité

Planches à billets, planches à production

La cuerre au lieu de la guerre